vendredi, 27 février 2026 09:59

Vincent SV-237 MKII : le test

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Vincent SV-237 MKII

Dans mon mug fume, ce vendredi matin de fin février, un café péruvien d'une amertume bienveillante — et dehors, le soleil éclate en mille éclats sur les toits, comme si le printemps, impatient, avait décidé de ne pas attendre son heure. Il y a des matins propices aux confessions.
Il y a des amplificateurs qu'on branche, qu'on écoute, qu'on range. Et puis il y a ceux qu'on laisse traîner sur le meuble, obstinément allumés, parce qu'on ne trouve pas le courage — ou la raison — de les éteindre.

Depuis deux mois, le Vincent SV-237 MKII appartient avec une évidence tranquille à cette seconde catégorie. Je ne saurais dire exactement pourquoi, ce qui est souvent, en ces matières, le meilleur des présages : c'est lui vers lequel mes pas reviennent le plus souvent au magasin, comme on revient sans y penser vers une conversation qui vous a fait du bien.
Il a ce fameux « goût de reviens-y » que les fiches techniques, dans leur sérieux irréprochable, ne mentionneront jamais.

Hybride, puissamment motorisé — 150 watts sous 8 ohms, 250 sous 4, pour qui aime les chiffres —, légèrement chaleureux dans le bas-médium, le Vincent SV-237 MKII coche avec aisance la case qui m'importe de plus en plus, à mesure que les années passent et que l'on sait mieux ce que l'on cherche : celle d'un ampli avec lequel on peut s'asseoir des heures, laisser la musique faire son œuvre, et oublier — enfin — qu'il y a de l'électronique là-dedans.

 

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Le retour d'une vieille connaissance : une affaire de cœur et de temps

En posant mes mains sur le châssis de ce Vincent SV-237 MKII, je ne peux m'empêcher de marquer une pause, le regard perdu vers le fond de mon auditorium. Nous sommes en l'an 2000. À l'époque, Vincent Audio faisait une entrée fracassante en France, bousculant les hiérarchies établies avec une insolence rafraîchissante. C'était l'une des premières signatures "exotiques" que nous avions choisi de défendre bec et ongles. Hélas, les méandres d'une distribution française alors erratique, faite de rendez-vous manqués et de logistique incertaine, nous avaient contraints, le cœur lourd, à délaisser la marque quelques années plus tard.

Aujourd'hui, vingt-cinq ans après nos premières amours, c'est avec une émotion de vieux briscard que je vois la marque réintégrer nos salons d'écoute. Le plaisir de vous la proposer à nouveau est teinté de cette satisfaction particulière que l'on éprouve en retrouvant un ami de jeunesse qui n'aurait rien perdu de sa superbe, bien au contraire.

Vincent Audio est une de ces histoires qui commencent modestement et finissent par compter. Fondée en Allemagne dans les années 1990, la marque s'est taillé au fil du temps une réputation discrète mais solide dans ce territoire exigeant qu'est la haute-fidélité accessible — un oxymore apparent que Vincent a su réconcilier avec une patience d'artisan.

Ce qui distingue Vincent Audio dans le paysage encombré de l'électronique audio, c'est une philosophie presque romantique : celle du mariage entre l'ancien et le nouveau. Ses amplificateurs hybrides, qui mêlent la chaleur organique des lampes triodes à la puissance musclée des transistors, ressemblent un peu à ces vieilles maisons de famille dont on aurait modernisé la plomberie sans toucher aux boiseries. On y entre, et l'on s'y sent bien sans trop savoir pourquoi.

Il y a chez Vincent Audio quelque chose de foncièrement honnête — des produits pensés pour durer, pour sonner juste, pour disparaître derrière la musique plutôt que s'en faire les héros. Une marque qui n'a jamais eu besoin de crier pour se faire entendre, et qui préfère, à raison, laisser ses machines parler à leur place.

En cela, Vincent Audio ressemble aux meilleures choses : on ne la découvre pas par hasard, on finit par tomber dessus.

La marque Vincent Audio conçoit ses appareils en Allemagne, tandis que la fabrication est confiée à la Chine, avec un contrôle qualité visiblement très sérieux : l’engin, une fois posé sur le meuble, respire le sérieux, la densité… et les watts.

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Présentation du SV-237 MKII

Le Vincent SV-237 MKII est la troisième évolution d’un best-seller de la marque. On retrouve :

→ une architecture hybride : préamplification à tubes (1 x 12AX7, 2 x 6N1P NOS),
→ 
étage de puissance en classe AB à forte polarisation, avec 10 W en pure classe A avant de basculer sur la pleine cavalerie.
→ 
une section DAC intégrée basée sur une puce Burr-Brown PCM5102 acceptant les flux 24/192 via les entrées optique et coaxiale,
→ 
une connexion Bluetooth 5.0, bien pratique pour un usage occasionnel ou familial,
→ 
une puissance officiellement annoncée de 2 x 150 W / 8 Ω et 2 x 250 W / 4 Ω.

En clair : sous le capot, ce n’est pas un ampli de salon timide, mais une vraie centrale qui prétend driver à peu près tout ce qu’on osera lui brancher.

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Construction & ergonomie

La main de fer dans un gant de velours (et de métal)

À l’heure où la Haute-Fidélité semble parfois se perdre dans une course à l’épure scandinave ou, à l’inverse, dans une débauche de luxure technologique inutile, le Vincent SV-237 MKII nous rappelle qu’il fut un temps où l'on achetait un amplificateur au kilo, avec la certitude que la masse servait la musique. En sortant la bête de son carton, mes vieilles vertèbres ont immédiatement reconnu la signature de la maison : vingt-cinq kilogrammes de certitudes.

La façade, une plaque d’aluminium brossé d’une épaisseur rassurante, arbore cette esthétique "néo-classique" qui ne cherche pas à plaire aux modes éphémères. On y retrouve cette fameuse lucarne circulaire, cet œil de cyclope où trône, telle une relique sacrée, le tube 12AX7 de l’étage de pré-amplification. Certains y verront un artifice marketing pour flatter l’amateur de « son tube » ; j’y vois, après trente ans de métier, une petite mise en scène théâtrale qui a le mérite de nous rappeler que la musique est aussi une affaire de chaleur humaine, de filament qui rougit dans la pénombre du salon.

Une construction à l’épreuve du temps (et des oreilles exigeantes)

Lorsqu’on soulève le capot, le spectacle est à la hauteur des attentes du mélomane averti, celui qui a appris à ne plus se laisser berner par des intérieurs vides cachés sous des carrosseries rutilantes. Ici, l’espace est optimisé avec une rigueur toute germanique. Le cœur du système — un transformateur toroïdal massif — est flanqué de dissipateurs thermiques aux dimensions généreuses, nécessaires pour évacuer les calories d'une section de puissance qui ne plaisante pas.

La qualité d'assemblage force le respect. Les connectiques à l'arrière, souvent le parent pauvre des productions modernes, sont ici d'une robustesse exemplaire. Les borniers haut-parleurs sont massifs, isolés, prêts à mordre dans du câble de forte section sans broncher. On sent que Vincent a conçu cet objet pour qu'il soit le compagnon d'une vie, ou du moins d'une double décennie, loin de l'obsolescence programmée qui ronge notre époque.

Le détail qui tue : la modernité discrète

La version MKII apporte son lot de mises à jour, notamment l’intégration d’un DAC et du Bluetooth. Si mon cœur de puriste a toujours une petite hésitation face à l'intrusion du numérique dans ces architectures de haute volée, je dois admettre que l’intégration est propre, presque invisible, ne venant pas trahir l'ADN analogique de l'appareil. Le sélecteur de source et le potentiomètre de volume (signé ALPS, une vieille connaissance qui ne trahit jamais) offrent une résistance tactile onctueuse, ce petit plaisir sensoriel que seul l'analogique de qualité sait encore nous offrir.

Le verdict de l'expert

Le Vincent SV-237 MKII ne cherche pas à réinventer la roue. Il se contente de la faire tourner avec une assurance tranquille. Sa fabrication est un hommage à une certaine idée de la hi-fi : généreuse, solide, et habitée. On n'est pas ici dans la dentelle de l'orfèvrerie de luxe à prix indécent, mais dans la belle ouvrage, celle qui rassure le mélomane avant même que la première note ne s'échappe des enceintes. Un bel objet, sérieux sans être austère, qui promet de durer aussi longtemps que votre passion pour les nocturnes de Chopin ou les envolées de Coltrane.

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Caractéristiques

Le Vincent SV-237 MKII appartient à la catégorie « gros intégrés rassurants » :

→ Largeur : 43 cm
→ Hauteur : ~15 cm
→ Profondeur : 43,5 cm
→ Poids : un peu plus de 20 kg.

Face avant sobre, plutôt réussie dans sa version noire :

→ large potentiomètre de volume central,
→ sélection d’entrées claire,
→ petite fenêtre laissant deviner doucement la lueur des tubes – juste ce qu’il faut de « tube porn » pour flatter l’ego audiophile sans virer à la guirlande.

À l’arrière, c’est sérieux et complet :

→ 3 entrées ligne RCA analogiques,
→ 2 entrées numériques (optique + coaxial),
→ Bluetooth,
→ Pre-out, Rec-out,
→ doubles borniers HP capables de gérer deux paires d’enceintes.

La sensation globale est celle d’un produit robuste, très bien fini pour son tarif, avec des commandes qui inspirent confiance. Si l’on garde en tête qu’on reste sous la barre des 3 000 €, le rapport “mécanique / tarifs” est franchement flatteur.

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Conditions d'écoute

Au fil des semaines, le Vincent SV-237 MKII a été branché sur plusieurs systèmes au magasin, notamment :

→ enceintes de type "vintage" Pylon Audio Jade 20,
→ 
bibliothèques Dynaudio Special Forty,
→ 
colonnes Revival Audio Atalante 4,

avec, en sources :

→ lecteur CD (et drive) de gamme intermédiaire puis plus ambitieuse (GoldNote),
→ 
lecteur réseau avec sortie numérique sur le DAC interne du Vincent (Eversolo),
→ 
puis DAC externe plus haut de gamme pour voir jusqu’où l’ampli pouvait aller (Eversolo et Merason).

→ Câblage secteur et modulation “raisonnable” mais soigné – comme toujours chez Opus51 : pas de ésotérisme délirant, mais rien de livré avec le Vincent non plus.

Résultat : l’ampli ne s’est jamais réellement trouvé mis en difficulté, que ce soit sur des charges sages ou des enceintes un peu plus capricieuses. On sent que l’alimentation est dimensionnée pour encaisser les humeurs de la musique sans pomper, même à niveau réaliste.

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à suivre...

 

 

 

 

 

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